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LES OGM ET LA BIOVIGILANCE |
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La surveillance biologique du territoire est un dispositif de gestion des risques liés aux organismes nuisibles des végétaux et en particulier des organismes de quarantaine censés être absents du territoire. En 1998, en paralléle avec l'inscription des premières variétés de maïs génétiquement modifiés, le gouvernement décide la mise en place d'un dispositif de biovigilance permettant de détecter les éventuels effets non intentionnels consécutifs à leur culture , aussi appelé PARTIE C. Les arrêtés du 5 février et du 3 aout 1998 puis la loi d'orientation agricole adoptée le 9 juillet 1999, donnent une base légale à la biovigilance en entérinant son principe et en l'élargissant à tous les végétaux (y compris les semences), aux produits antiparasitaires et assimilés à usage agricole, aux matières fertilisantes et supports de culture, composés en tout ou partie d'organismes génétiquement modifiés.
Ce nouveau type de surveillance biologique du territoire est nommé par la loi "BIOVIGILANCE" pour la différencier de la surveillance biologique du territoire qui concerne toujours les organismes nuisibles aux végétaux. Elle s'applique à toute dissémination volontaire dans l'environnement ou de mise sur le marché. La directive 2001/18/CE abroge et remplace la directive 90/220/CE qui encadre depuis 1990 la dissémination volontaire des OGM dans l'environnement. Elle a été adoptée le 12 mars 2001 et retient le principe de la biovigilance. Les Etats membres s'engagent donc à travers cette directive, en cours de transposition, à mettre en oeuvre un dispositif de surveillance des OGM sur l'ensemble de l'Union européenne aprés leur mise sur le marché. Dans ce contexte, le terme anglais de "post market monitoring" est synonyme de notre terme "biovigilance" . La biovigilance s'appuie sur la surveillance biologique du territoire dans les domaines où cette dernière peut aussi être appliquée spécifiquement aux OGM disséminés dans l'environnement.
On distingue deux types de surveillance :
Elle s'adresse à des phénomènes ou effets plus ou moins caractérisés, identifiés et évalués d'une manière générale ou spécifique dans le cadre des évaluations initiales. Ce sont des actions limitées dans le temps et dans l'espace, s'appuyant sur un dispositif maitrisé, visant à étudier un paramètre donné.
Elle concerne des effets résultant de mécanismes non envisagés, inconnus ou encore des phénomènes plus complexes résultant de combinaisons de facteurs ou d'effets cumulatifs en particulier à long terme. Elle vise à détecter des effets sur les milieux, notamment faune et flore, au sein des parcelles de culture mais aussi sur leur environnement immédiat. Elle intervient dans une démarche de long terme permettant de suivre les évolutions de l'importance des populations et la diversité de la représentation des espèces dans un milieu donné.
Dispositif de post autorisation(Post Market Monitoring)
Compte tenu de la dimension de l'espace agricole et du nombre de paramètres à considérer, la biovigilance ne peut se concentrer que sur la surveillance d'une série limitée d'indicateurs biologiques. Ces indicateurs - qui restent encore largement à compléter - doivent donner de manière efficace des informations sur les évolutions de groupes particuliers d'organismes sur lesquels les produits répertoriés ne devraient pas avoir d'effets significatifs ou non contrôlés. Ils doivent permettre de déceler des tendances anormales qui déclenchent alors les mesures correctrices. Pour être à même de définir, d'une part, s'il y a évolution et, d'autre part, si la tendance est positive ou négative, il est indispensable que la situation initiale ou négative, il est indispensable que la situation initiale ou point zéro soit elle-même définie. En outre, il convient de déterminer si l'état actuel, tel qu'observé, correspond à un état que l'on peut considérer comme satisfaisant et de référence. Une autre difficulté porte sur la
définition des bornes pertinentes, maximale (A) et minimale (B)
au delà ou en deçà desquelles l'évolution
observée pourra être qualifiée d'anormale. La
détermination de ces bornes devrait prendre en compte les cycles
biologiques.
Fluctuation des indicateurs de biodiversité
Ce n'est que sur la base de ces états de référence qu'il sera possible d'établir des comparaisons et de conclure sur le fait que les observations reflètent une évolution, que celle-ci est normale ou anormale et d'en déterminer l'origine exacte. Il est ressenti comme nécessaire de se doter d'une capacité, non seulement de discrimination des évolutions observées liées à des facteurs naturels, de celles qui ne le sont pas, mais aussi de corrélation sans équivoque entre un effet et une ou plusieurs causes. Les activités agricoles mettent en jeu un ensemble complexe d'éléments qui peuvent être autant de sources possibles d'effets. Pour permettre l'établissement avec certitude de conclusions sur les liens de cause à effet, tous les paramètres doivent être intégrés dans le processus analytique . La complexité des systèmes biologiques, le caractère probablement discret des effets recherchés et la possibilité de processus cumulatifs plus ou moins simultanés, introduisent autant de niveaux de complexité supplémentaires dans l'analyse et l'interprétation des observations . La recherche des liens existants entre les differentes variables du système et les phénomènes suivis pris comme bio-indicateurs fait intervenir des outils d'analyse de données plus sophistiqués que dans le cas des dispositifs de comparaison directe. On peut cependant penser que le recours à des essais de surveillance spécifique pourrait alors s'avérer nécessaire, en complément, pour déterminer avec certitude l'origine des variations observées.
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